Merci mon cher papa pour tout ce que tu nous as donné et transmis.
Merci pour ta droiture, ta loyauté, ton courage, ton esprit de service, ta générosité, ton dynamisme, ton enthousiasme, ton ouverture de coeur et d'esprit, ta résilience dans l'épreuve, ton sens du partage, de la justice et du bien commun.
Merci pour tout ce que tu nous as permis de vivre et de traverser.
Moments joyeux, douloureux, surmontés dans la foi, l'espérance et la charité.
Le scoutisme a été ce qui t'a structuré dans le goût du partage, de l'effort, du don de soi, de l'attention aux autres et de l'adaptation à toutes sortes de situations...
Merci pour ces films de notre enfance sur lesquels nous te voyons prendre plaisir à jouer avec nous, comme la balançoire sur le sable avec tes 3 filles, en Afrique ... la course avec tes petits-enfants ou arrières petits-enfants...
À st Magloire, tu nous lisais des contes et légendes de Bretagne en soirées, tu nous apprenais à jouer au barbu, au poux, au bridge.
Bien sûr tout cela était au bénéfice de ceux qui aiment jouer et dont j'étais...
Tu nous achetais des vélos pour que nous allions à la plage par nous-mêmes sans obliger tout le monde à y aller.
Tu installais un portique avec balançoire pour tes petits-enfants.
Lorsque nous arrivions en vacances le jardin était une vraie forêt vierge et sans nous contraindre à t'aider, tu nettoyais et débroussaillais très vite les allées principales d'accès à la maison. Rien ne te faisait peur. Nous n'avions pas l'eau courante, alors tu installais une pompe à eau dans le puits pour en récupérer l'eau.
À st Michel sur Orge, notre maison était ouverte à ceux qui en avaient besoin : nos cousins, Denis et Claire qui y venaient en vacances, oncle Bruno, pour se refaire une santé, mademoiselle Houï, invitée lors des grandes fêtes car elle était seule.
Tu participais à la chorale de la paroisse et tu y animais les chants avec beaucoup d'entrain. Merci aussi pour toutes les fêtes, kermesses des écoles ou de la paroisse que tu animais avec enthousiasme. J'étais très fière de toi.
Nous avions un grand jardin merveilleux que je vois en 4 parties, la cour, juste devant la maison, avec ses plates-bandes de tulipes ou autres fleurs et les rosiers grimpants, la glycine courait le long de l'escalier qui montait à la cuisine. Côté rue il y avait encore cette partie qui était comme un petit bois, parfait pour jouer aux 4 coins ou aux gendarmes et aux voleurs. Au-delà de la cour, c'était un verger avec des arbres fruitiers pommiers et poiriers aux fruits délicieux....
Au-delà du bois et à droite du verger une zone un peu plus sauvage, avec des framboisiers. Bref ce jardin me semblait un petit paradis, tant il nous offrait des lieux à explorer, pour jouer, nous cacher, faire les gourmands, selon les saisons.
Tu nous initiais à la récolte des fruits.
À Éragny, tu restais très actif dans la paroisse et l'animation des chants.
Merci de m'avoir transmis ce goût de chanter et de la belle musique.
Tu forçais mon admiration quand tu réparais la télévision qui était tombée ou que tu déplaçais la porte d'une salle de bain qui s'ouvrait dans une chambre, pour la mettre dans le couloir !...
Bon pour les finitions il parait que ça n'était pas ton fort... Mais pour moi, c'était extraordinaire.
Quand Perrine est rentrée dans un mur, tout près de la maison, avec la 2cv, je crois, tu l'as tout de suite rassurée en lui disant que l'essentiel était qu'il n'y avait pas de blessés et que ce n'était que du matériel abîmé et tu l'as forcée à reconduire tout de suite pour qu'elle puisse dépasser son traumatisme et retrouver confiance.
Merci encore pour mes amies, Nathalie et Holitiana venues toutes les 2 en week-ends ou en petites vacances à la maison, car leurs familles étaient trop loin pour qu'elles puissent y aller. Nathalie, dans les Pyrénées et Holitiana, à Madagascar...
Merci pour mes vacances en Allemagne grâce à l'un de tes collègues qui avait une fille de mon âge et qui a bien voulu me recevoir dans leur maison de Koblenz.
Merci pour ton ouverture d'esprit et de cœur pour ces temps de participations aux célébrations des protestants. Puis aux activités de la mairie avec les dépouillements lors des élections.
Merci pour l'accueil de ces 2 enfants africains pour un temps de vacances au cœur de leurs vies si difficiles.
Tu m'as aussi appris l'entraide sociale et la justice, par le partage de nos biens.
Tu achetais tes médicaments sans ordonnance quand cela t'était possible, pour ne pas peser sur la sécurité sociale puisque tu en avais les moyens.
Tu payais tes impôts avec plaisir, contribuant ainsi à la construction de ton pays, non par contrainte, mais avec le sentiment de faire ton devoir de citoyen.
Merci pour ces belles leçons que tu m'as laissées.
Merci beaucoup pour la maison que tu nous laissais à Remy et moi lorsque vous quittiez Éragny pour aller vous installer à Montrouge, car nous travaillions tous les 2 à l'hôpital de Pontoise.
C'est à ce moment que Rémy a choisi de quitter la vie, pensant que nous ne l'aimions pas.
D'un seul coup tu as vieilli de 10 ans alors que tu restais éternellement jeune jusque là. Mais ta foi et la communauté des franciscains du 14ème arrondissement de Paris, non loin de chez vous, t'ont soutenu et permis de continuer à avancer.
Merci encore pour ta confiance en me laissant tout de même la maison avec mes amis.
Merci pour tous les bons restaurants où vous m'avez invitée, maman et toi. Le plus extraordinaire étant le "Lorenbar", entre Planguenoual et st Brieuc, et aussi le restaurant de l'aéroport de Lourdes !
Toujours vous cherchiez à faire plaisir....
Merci pour tout cela.
Merci pour votre si belle maison de Toulon, qui a fait le bonheur de tous vos enfants et petits enfants. Vous y êtes arrivés au moment de ta retraite, pour te rapprocher de tes amis.
Elle était si bien placée, au fond d'une impasse, au Mourillon, à 300 m de la plage, tout près du fort st Louis.
Pour faire plaisir à maman, tu as fait poser dans la véranda, un décor très méditerranéen, de carreaux de faïence verts et jaunes, tout en arabesques, comme en Tunisie.
Toujours très actif dans la paroisse et pour l’Église, tu as fait partie de la diaconie pour aider des personnes à se réinsérer dans une vie professionnelle. Puis tu as rejoint une équipe pour les obsèques.
Et puis, quand Noëlle s'est mariée avec Denis, dans les hautes Pyrénées, pour connaître ses enfants, vous êtes venus la rejoindre dans cette région au pied des Pyrénées à st Gaudens.
Objectif atteint, puisque vos petites filles ont été très proches de vous, ayant bénéficié de vos bons soins alors que leurs parents travaillaient beaucoup à la ferme, ayant très peu de disponibilité.
Là encore, pour que tes petites filles aies des vacances, tu les amenais chez moi, soit à Dinard, soit à Tressaint. Merci pour cela.
Pour la paroisse tu étais aussi très présent, auprès des familles en deuil et pour le chant. Pour une association caritative, certains dimanches matins, tu prenais ton tour pour servir un petit-déjeuner aux personnes démunies, sans domicile. Tu animais les célébrations eucharistiques avec ou sans prêtres, dans les 3 Ehpads de st Gaudens.
Il y avait aussi ces cercles du silence auxquels tu participais une fois par mois, debout, devant la mairie ou la collégiale, pour dénoncer l'injustice de l'internement dans des camps de réfugiés en France, de familles d'immigrés qui vivaient dans des conditions déplorables.
En 2009, dans une grande joie, tes 80 ans nous ont tous rassemblés en famille, autour de toi, au pays Basque, ce fut un moment fort et heureux.
Puis, il y a eu ton cancer de l'intestin qui a montré que maman n'allait plus très bien et la décision de l'Ehpad pour vous deux est devenue une nécessité.
Un tournant difficile que tu as pris avec sagesse. Merci papa pour ta fidélité sans faille auprès de maman, pour ton soutien inconditionnel à tes enfants et petits-enfants.
Merci pour ce bel héritage que tu me laisses, malgré toutes ces difficultés rencontrées dans nos relations parfois blessées et blessantes.
Pour la messe de tes obsèques tu n'as demandé qu'une seule chose, la prière scoute chantée. C'est Prisca, aumônière de l'Ehpad, qui a bien voulu la chanter, au moment de l'offertoire.
Merci papa pour tant de beaux souvenirs gravés dans mon cœur et ma mémoire.